La deuxième soirée, au Beursschouwburg, se concentre sur les outils et leur fabrication. Augustė Vickunaitė propose un set installatif avec des magnétophones analogiques activés par la force de ses mains, Ikbal Lubys joue une guitare noise construite à partir d’un tronc d’arbre abandonné, Lawrence McGuire dialogue avec une voix générée par IA, et MSHR présentent un set avec de nombreuses machines, outils et instruments auto-conçus.
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Le vernissage de l’expo Oscillation ::: from the Mothership , avec performances par ooooo & Isabel Burr Raty et Sonia Saroya & Edouard Sufrin.
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Le poids de la journée
Le poids de la journée est une performance pour le corps humain, les magnétophones à bobines et la bande magnétique audio. Ces éléments s’entremêlent dans un système fermé où les magnétophones et la bande deviennent des extensions du corps, tandis que le corps agit comme une force d’arrêt, empêchant la lecture. L’œuvre visualise la transformation de l’énergie corporelle en énergie mécanique des moteurs capstan des magnétophones, se manifestant sous forme de son. Elle sonifie la « lutte pour » et l’échange d’énergie au sein d’un système interne composé du corps humain et de machines analogiques mécaniques. Le matériel sonore présent sur la bande est retenu de force par le corps de l’interprète, empêchant la lecture jusqu’à ce que le corps s’épuise et cède. À cet instant précis, le son et la bande se libèrent brièvement avant d’être déchirés et détruits par les magnétophones.
Augustė Vickunaitė est une artiste sonore expérimentale qui utilise des magnétophones à bande vintage pour jouer, enregistrer et créer des sons, articulant diverses couches d’enregistrements incluant des matériaux trouvés, des field recordings, la voix, des instruments de musique, des objets, ainsi que tout le spectre des dysfonctionnements de technologies en déclin. Spécialisée dans la musique sur bande, le noise et le collage, elle est reconnue pour son approche théâtrale et teintée d’humour noir, exploitant souvent les erreurs des équipements audio analogiques.
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The Witness Trees
The Witness Trees est une performance sonore inspirée par les recherches de Lubys dans les forêts tropicales du Kalimantan, où il a été témoin de l’impact dévastateur de la déforestation. Des troncs d’arbres abattus, certains fraîchement coupés, d’autres vieux de plusieurs décennies, sont devenus des témoins silencieux de la transformation de la forêt. Dans cette œuvre, il utilise une guitare électrique dont le manche est remplacé par un tronc ou une branche d’arbre cassée, dépourvu de cordes, laissant ainsi les textures naturelles du bois produire du son. Les instruments « jouent » la mémoire de la forêt, faisant écho à ses changements et ses témoignages. La performance est interactive, invitant le public à s’engager à ses côtés.
Ikbal Lubys est un artiste indonésien aux multiples talents : créateur sonore, musicien, avec une pratique de lutherie sauvage et d’improvisation. Co-fondateur de l’espace créatif de Ethnictro à Yogyakarta, il a étudié la musique classique et la guitare à l’ISI Yogyakarta. Dans son travail, il transforme des enjeux sociaux, des images et des formes en sons à travers différents formats. Il collabore à l’international, encadre et anime des ateliers pour des projets innovants en musique et en art.
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Dans la continuité de ses œuvres récentes, Lawrence présentera une série de récitals et de monologues qui interrogent la manière dont le texte, l’image et le symbole trouvent leur place dans la bouche. Contrairement à ses précédentes Suites, il puisera ces matériaux, manuellement ou par programmation, exclusivement dans le livret de l’opéra « Four Saints in Three Acts » de Gertrude Stein. La voix synthétique et la voix acoustique interpréteront des personnages, des chaînes de mots et des actes de parole dans une pièce composée uniquement d’arias, de sorte que la méthode littéraire de Stein, fondée sur l’insistance et qui fait exister quelque chose par une attention répétée, devienne essentiellement la forme de chaque partie de la suite.
Lawrence McGuire est un artiste préoccupé par le son et le texte. Il présente son travail à la fois dans des contextes live et dans des formats fixes, où la voix, sous ses formes acoustique et synthétique, est envisagée comme point de départ d’expérimentation. Ses créations croisent les pratiques texte-son des poètes sonores ainsi que la pensée machinique présente dans la musique informatique et les sciences.
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Les performances de MSHR tissent signaux électriques et présence humaine en d’épais réseaux de causalité qui vibrent d’un courant quasi vivant. Leurs instruments artisanaux déploient des systèmes de rétroaction spatiale de lumière et de son, ouvrant un espace de traduction vacillant entre dimensions sonores et sculpturales. Agissant comme des éléments au sein du système, le duo navigue dans l’écosystème électronique à travers un enchevêtrement d’agency et de circuits.
Fondé en 2011 à Portland, Oregon, MSHR est un collectif artistique qui crée et explore collaborativement des systèmes électroniques sculpturaux. Leurs performances et installations présentent des environnements audiovisuels cybernétiques comme des compositions vivantes. Leur nom est un acronyme modulaire conçu pour accueillir des idées variées au fil du temps, prononcé soit comme des lettres, soit comme un son qui s’entrelace.