La pratique de l’image en mouvement expérimentale de Joost Rekveld repose sur un dialogue continu avec des machines et des matériaux. Récemment, il reprend des techniques historiques de calcul analogique et de simulation électronique, entretient d’anciennes machines et développe de nouveaux dispositifs à partir de principes aujourd’hui peu utilisés. Cette approche ouvre une réflexion sur la relation entre humains et machines qui ne repose pas sur le contrôle. Dans cette perspective, il s’intéresse aux matériaux cristallins qui soutiennent les technologies électroniques, en étudiant la relation entre l’homogénéité nécessaire à la fiabilité des semi-conducteurs et le fait que leur fonctionnement dépend de perturbations et de déplacements dans le réseau cristallin.
Joost Rekveld est artiste et chercheur. Il s’interroge sur ce que les humains peuvent apprendre d’un dialogue avec les machines qu’ils ont construites. Dans une démarche proche de l’archéologie des médias, il explore des formes d’engagement matériel avec des dispositifs et des concepts issus de zones souvent négligées de l’histoire des sciences et des technologies. Les résultats de ces recherches prennent souvent la forme de films abstraits qui évoquent des phénoménologies étrangères.