L’archipel joue avec la musicalité des souffles de diodes et de transistors à travers une installation sonore interprétable par deux personnes ; une tentative de créer un langage pour se parler à soi-même et aux autres en se passant de mots. En s’appuyant sur la figure de l’archipel comme forme de relation, l’installation relie des sculptures-instruments par des câbles et par une expérience partagée. Activée lors de performances, concerts et conférences, elle devient un médium pour une expression musicale et théorique collective. Elle fait partie de Derniers Souffles, initié en 2021, un projet qui explore les caractéristiques acoustiques de composants électroniques obsolètes, leurs origines minérales et les processus industriels liés à leur fabrication.
Sonia Saroya développe un univers fragile et discret à travers des installations qui associent sculpture, art numérique et son. Ses sculptures sonores et « outils-œuvres » autonomes explorent des paysages et des parcours d’écoute, en lien avec la philosophie, les sciences humaines et des pratiques low-tech. Edouard Sufrin considère l’art et la technologie comme un pharmakon – à la fois poison et remède – et propose des pratiques immersives liées aux lieux pour résister au spectaculaire et aux récits techno-industriels dominants. Il associe recherche artistique et transmission de savoirs à travers des outils autonomes, des conférences, des ateliers et son enseignement à l’Université Paris VIII, à l’École des Beaux-Arts de Paris et dans d’autres contextes.