Pourquoi existe-t-il autant de technologies sonores, de services musicaux et d’applications qui prétendent nous aider à prendre soin de nous-mêmes, de nos proches et de nos familles ? Cette intervention examine la multiplication de « substituts sonores » supposés automatiser et améliorer les pratiques de care. En reliant ces technologies dites « prometteuses » aux histoires genrées et coloniales de l’enregistrement sonore, ainsi qu’à certains investissements idéologiques liés à l’écoute, Thompson propose de voir les substituts sonores comme le symptôme d’une crise persistante de la reproduction. Si les substituts sonores, comme d’autres technologies du son, relèvent de relations sociales à tous les niveaux, comment les rendre visibles, les reconfigurer et les réimaginer ?
Marie Thompson est maîtresse de conférences en musiques populaires à The Open University (Royaume-Uni). Elle est l’autrice de Beyond Unwanted Sound: Noise, Affect and Aesthetic Moralism (Bloomsbury, 2017), Sonic Surrogates: Music, Automation and the Crisis of Reproduction (UC Press, à paraître) et, avec Annie Goh, Sonic Cyberfeminisms (Goldsmiths Press, à paraître).